Établissements et communautés
Guide pour les travailleurs sociaux : repérer une gêne auditive chez un aîné francophone
En bref
Un travailleur social peut repérer une gêne auditive à des signes concrets : faire répéter, répondre à côté, éviter le téléphone ou les activités de groupe. Chez un aîné francophone en Israël, il faut distinguer la langue de l'audition. Son rôle : observer, en parler avec tact et orienter vers un médecin.
Les travailleurs sociaux, עובדת סוציאלית (ovedet sotsialit) dans le vocabulaire courant en Israël, rencontrent régulièrement des aînés francophones : dans les résidences, les centres de jour, les services municipaux ou les associations d'olim. Ils voient ces personnes dans leur quotidien, écoutent leurs difficultés, connaissent leurs familles. Ils sont donc bien placés pour remarquer une gêne auditive que personne n'a encore nommée. Ce guide propose des repères pour l'observer, en parler et orienter, sans jamais se substituer au médecin.
Pourquoi le travailleur social est bien placé
La baisse d'audition liée à l'âge s'installe souvent lentement. La personne s'adapte sans s'en rendre compte : elle monte le son, évite certaines situations, laisse son conjoint répondre au téléphone. Les proches s'habituent eux aussi. Le médecin, lors d'une consultation courte et au calme, peut ne rien remarquer.
Le travailleur social, lui, voit la personne dans des situations variées : en entretien, en groupe, au téléphone, avec des interlocuteurs hébréophones. Il peut relier des signes isolés et poser la question que d'autres n'ont pas posée. Il connaît aussi les conséquences possibles d'une gêne non prise en charge : retrait social, isolement, difficultés dans les démarches. Notre article sur un proche qui s'isole développe ce point.
Les signes à observer
Aucun signe pris seul ne permet de conclure. C'est leur répétition qui doit attirer l'attention.
- Pendant l'entretien : la personne fait répéter, se penche, fixe vos lèvres, répond à côté, acquiesce sans avoir compris.
- Au téléphone : elle évite d'appeler, demande qu'on lui écrive, raccroche vite ou passe le combiné à un proche.
- En groupe : elle se retire des activités, s'assoit à l'écart, quitte les repas collectifs ou les fêtes.
- À la maison : télévision très forte, sonnette ou téléphone non entendus, plaintes des voisins.
- Dans l'entourage : le conjoint ou les enfants disent « il n'écoute plus », « elle comprend ce qu'elle veut ».
Pour noter ces observations de façon structurée, notre carnet d'observation de l'audition peut être proposé à la personne ou à sa famille. Notre page sur les signes d'une baisse d'audition complète la liste.
Langue ou audition ?
Chez un aîné francophone en Israël, une difficulté de compréhension peut venir de l'hébreu autant que de l'oreille. Quelques questions aident à faire la différence : la personne comprend-elle mieux lorsque vous passez au français ? Au calme plutôt que dans le bruit ? Face à vous plutôt que de profil ? Si les difficultés persistent même en français, au calme et face à face, une gêne auditive devient plus probable et mérite une vérification.
Aborder le sujet avec tact
Parler d'audition touche à l'image de soi. Beaucoup d'aînés associent l'appareil auditif à la vieillesse ou à la dépendance. Quelques principes facilitent l'échange :
- Partir d'une situation concrète plutôt que d'un jugement : « J'ai l'impression que le téléphone est devenu compliqué pour vous, c'est le cas ? »
- Laisser la personne s'exprimer sur ce qu'elle ressent, sans contredire.
- Présenter la vérification de l'audition comme un bilan ordinaire, au même titre que la vue.
- Associer la famille si la personne le souhaite, sans décider à sa place.
- Accepter un refus, et revenir sur le sujet plus tard. Notre article quand un parent refuse l'appareil donne d'autres pistes.
Les démarches se feront souvent en hébreu. Proposer d'aider à préparer un rendez-vous, avec quelques mots clés comme בדיקת שמיעה (bdikat shmia), « examen de l'audition », lève un frein important.
L'équipe d'Entendre propose aux équipes sociales et aux structures communautaires des séances de sensibilisation, en français, sur le repérage et l'accompagnement des aînés malentendants. Contact : page contact.
Quand consulter
Le travailleur social repère et oriente ; l'évaluation revient aux professionnels de santé. Encouragez la personne à consulter son médecin traitant ou un médecin ORL :
- lorsque plusieurs signes de gêne se répètent ;
- en cas de douleur d'oreille, d'écoulement, de vertiges ou de bourdonnements : consultez un médecin ;
- lorsque la gêne ne concerne qu'une seule oreille.
Une baisse brutale de l'audition d'une oreille est une urgence : la personne doit consulter un médecin sans délai.
Ce qu'il faut retenir
- Le travailleur social voit l'aîné dans des situations variées : il peut relier des signes que d'autres ne remarquent pas.
- C'est la répétition des signes qui compte : faire répéter, éviter le téléphone, se retirer des groupes.
- Chez un francophone en Israël, distinguez la langue de l'audition en observant la personne en français et au calme.
- Abordez le sujet à partir de situations concrètes, avec respect du choix de la personne.
- L'évaluation relève du médecin ; une baisse brutale d'une oreille est une urgence.
Questions fréquentes
Un travailleur social peut-il évaluer lui-même l'audition d'un aîné ?
Non. Il observe et oriente. Seul un professionnel de santé ou de l'audition peut évaluer l'audition d'une personne.
Que faire si l'aîné nie toute gêne auditive ?
Ne forcez pas. Notez vos observations, partagez-les avec tact, et revenez sur le sujet à l'occasion d'une situation concrète. L'avis d'un proche de confiance aide souvent.
Faut-il informer la famille d'une gêne auditive repérée ?
Avec l'accord de la personne, oui : la famille peut l'encourager et l'accompagner dans les démarches. Respectez les règles de confidentialité de votre service.
Sources
Notre façon de travailler : politique éditoriale. Information générale ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de l'audition.