À domicile sur rendez-vous, selon les besoins053-829-0290

Proches et aidants

Aidant d'un proche malentendant : se préserver

La rédaction d'Entendre · mis à jour le

Prendre soin de soi est l'une des choses les plus importantes qu'un aidant puisse faire, rappelle l'institut américain sur le vieillissement [1]. Repérez les signes de fatigue ou d'irritabilité, n'attendez pas d'être débordé, demandez de l'aide autour de vous [1] et prévoyez des pauses dans la communication avec votre proche [2]. Vous aiderez mieux en tenant sur la durée.

Une fatigue souvent invisible

Aider un proche qui entend mal ne ressemble pas toujours à « être aidant ». Il n'y a parfois ni soins ni toilette, mais une présence constante : répéter, reformuler, traduire du français à l'hébreu, accompagner aux rendez-vous, régler le téléphone, vérifier les piles, faire l'intermédiaire au téléphone. Ces petites tâches s'accumulent sans que personne ne les compte.

À cela s'ajoute l'effort de communication lui-même. L'association américaine des professionnels de l'audition rappelle que l'effort d'écoute fatigue la personne qui entend mal [2]. Mais parler en articulant, attendre, répéter et rester patient demande aussi de l'énergie à celui qui parle. Après une longue journée, il est normal que la patience s'use.

Les signes qui doivent alerter

L'institut américain sur le vieillissement décrit plusieurs signes de stress chez les aidants [1] :

  • se sentir épuisé, débordé ou anxieux ;
  • s'énerver facilement ou devenir impatient ;
  • se sentir seul ou coupé des autres ;
  • avoir du mal à dormir ;
  • se sentir triste, sans espoir, ou perdre l'intérêt pour ses activités ;
  • souffrir souvent de maux de tête ou d'autres douleurs ;
  • ne plus avoir le temps de bouger ni de préparer des repas équilibrés ;
  • négliger ses propres soins.

Le même institut note que les aidants sont moins susceptibles de bénéficier de soins préventifs et de prendre soin d'eux [1]. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, ce n'est pas un échec : c'est un signal.

N'attendez pas d'être à bout

Le conseil le plus simple est aussi le plus négligé : ne pas attendre d'être complètement submergé [1]. Quelques gestes à portée de main, selon l'institut [1] :

  1. bouger, même brièvement : de courtes périodes d'activité aident déjà ;
  2. bien manger, sans sauter de repas ;
  3. faire du sommeil une priorité ;
  4. demander de l'aide à la famille et aux amis.

Sur ce dernier point, l'institut prévient avec réalisme : certaines personnes diront non, et il ne faut pas le prendre personnellement [1]. Demander une aide précise, « peux-tu l'accompagner jeudi chez le médecin ? », fonctionne souvent mieux qu'un appel général.

Alléger la communication au quotidien

Une partie de la fatigue vient de conversations qui tournent mal. Quelques ajustements la réduisent pour tout le monde [2] :

  • parlez dans la même pièce, face à votre proche, plutôt que d'une pièce à l'autre ;
  • éteignez la télévision pendant les échanges importants ;
  • parlez clairement sans crier : crier rend la compréhension plus difficile et vous épuise ;
  • reformulez plutôt que de répéter trois fois la même phrase ;
  • faites des pauses : l'effort d'écoute fatigue.

L'écrit soulage aussi : une liste de courses sur le réfrigérateur, un tableau des rendez-vous, un message récapitulatif. Ce qui est écrit n'a pas besoin d'être répété.

Partager les rôles dans la famille

Dans beaucoup de familles francophones en Israël, l'aide repose sur une seule personne : celle qui habite le plus près, ou celle qui parle le mieux hébreu. Il est possible de répartir autrement, même à distance :

  • un enfant en France peut gérer les commandes de piles ou de consommables et les appels vidéo ;
  • un petit-enfant à l'aise avec la technologie peut s'occuper des mises à jour et de l'application ;
  • un proche sur place peut prendre en charge les rendez-vous, à tour de rôle.

L'institut note d'ailleurs que les aidants à distance peuvent se sentir coupables de ne pas être plus proches [1]. Leur confier des tâches concrètes allège la personne sur place et apaise ce sentiment.

Se ménager des moments à soi

Préserver son énergie passe aussi par des moments qui n'appartiennent qu'à vous. Ils n'ont pas besoin d'être longs pour compter :

  • une promenade quotidienne, même courte, sans téléphone à la main ;
  • une activité que vous aimiez avant, reprise une fois par semaine : un cours, un club, un café entre amis ;
  • une soirée sans rôle d'aidant, pendant qu'un autre membre de la famille prend le relais ;
  • un temps de conversation légère avec votre proche, sans rendez-vous à organiser ni problème à résoudre.

Ce dernier point est souvent oublié. Quand toute la relation tourne autour de l'audition, des piles et des rendez-vous, chacun s'épuise. Garder des moments de simple complicité, une partie de cartes, un album photo, une promenade, rappelle que vous êtes d'abord un fils, une fille, un conjoint, et pas seulement un aidant.

Quand demander de l'aide pour soi

L'institut conseille de dire à son médecin que l'on est aidant, et rappelle que des conseillers peuvent aider en cas d'anxiété ou de dépression [1]. Il mentionne aussi que des communautés religieuses organisent parfois des groupes de soutien [1]. Si votre fatigue, votre tristesse ou votre irritabilité durent, consultez un médecin : vous avez le droit d'être aidé, vous aussi.

Nous écrire en français

Vous accompagnez un proche malentendant et aimeriez alléger la partie technique ? Écrivez-nous au 053-8290290 (WhatsApp ou téléphone), en français. Sur rendez-vous et selon les besoins, une visite à domicile peut être organisée pour un bilan auditif, une vérification de l'appareil, une démonstration, un appareillage ou des réglages, sans garantie de disponibilité dans chaque zone, de délai ni de résultat.

Ce qu'il faut retenir

  • Prendre soin de soi fait partie du rôle d'aidant, ce n'est pas un luxe.
  • Épuisement, impatience, sommeil perturbé : des signaux à prendre au sérieux.
  • Demandez une aide précise, et répartissez les tâches, y compris à distance.
  • Si la fatigue ou la tristesse durent, parlez-en à un médecin.

Questions fréquentes

Est-il normal de s'agacer quand on doit tout répéter ?

Oui. Communiquer avec un proche qui entend mal demande de l'énergie, et l'impatience fait partie des signes de stress décrits chez les aidants. C'est un signal pour faire des pauses et demander de l'aide.

Quels signes montrent qu'un aidant s'épuise ?

Fatigue, sentiment d'être débordé, irritabilité, sommeil perturbé, tristesse ou perte d'intérêt, maux de tête, et le fait de négliger ses propres soins. Plusieurs signes ensemble doivent alerter.

Comment demander de l'aide à sa famille ?

Demandez une aide précise plutôt qu'un soutien général, et répartissez les tâches selon les forces de chacun, y compris à distance. Certains diront non : ne le prenez pas personnellement.

Quand faut-il consulter pour soi-même ?

Si la fatigue, la tristesse ou l'anxiété durent, parlez-en à votre médecin et dites-lui que vous êtes aidant. Des conseillers peuvent aussi vous accompagner.

Sources

  1. National Institute on Aging (NIA), « Taking Care of Yourself: Tips for Caregivers », https://www.nia.nih.gov/health/caregiving/taking-care-yourself-tips-caregivers — consulté le 20/10/2026
  2. ASHA, « Tips for Communicating With Someone Who Has Hearing Loss », https://www.asha.org/about/press-room/articles/tips-for-communicating-with-someone-who-has-hearing-loss/ — consulté le 20/10/2026

Information générale ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de l'audition.

Vous accompagnez un proche ?

Parlons ensemble de sa situation, en français, depuis Israël ou depuis la France.

053-8290290

À lire aussi

Appeler WhatsApp