Vie quotidienne
Perte auditive : faut-il en parler au travail, et comment ?
En parler au travail est un choix personnel, sans réponse unique. Selon la HLAA, association américaine de personnes malentendantes, c'est rarement un événement unique : on en parle chaque fois qu'on demande des sous-titres ou de répéter [1]. Se demander « de quoi ai-je besoin pour réussir ? » transforme l'aveu en demande pratique [1].
Une question que beaucoup se posent
Quand l'audition baisse, le travail est souvent l'un des premiers lieux où la gêne se fait sentir : réunions, appels, open space, visioconférences. Beaucoup hésitent à en parler, par peur d'être jugés moins compétents, ou simplement par pudeur. D'autres préfèrent le dire tout de suite, pour éviter les malentendus.
Cet article ne traite pas des droits ni des démarches administratives, qui dépendent de votre situation et du pays où vous travaillez. Il vous aide à réfléchir à la question humaine et pratique : faut-il en parler, à qui, et comment ?
Ce que l'on gagne souvent à en parler
Ne rien dire a un coût, même s'il est moins visible. Faire semblant d'avoir compris, répondre à côté, éviter certaines réunions : ces stratégies épuisent et peuvent créer des malentendus. L'ASHA, association américaine des professionnels de l'audition et de la parole, conseille de dire aux autres que vous avez une perte auditive, et de ne pas faire semblant d'avoir compris [2].
Une fois que vos collègues savent, ils peuvent vous aider très simplement : se tourner vers vous, éviter de parler à plusieurs en même temps, vous envoyer un résumé écrit. Le NIA, institut américain sur le vieillissement, rappelle que suivre une conversation quand deux personnes ou plus parlent fait partie des difficultés fréquentes [5] — c'est précisément le quotidien d'une réunion.
« En parler » n'est pas une seule conversation
La HLAA souligne qu'on ne révèle presque jamais sa perte auditive une fois pour toutes [1]. On le fait par petites touches : en demandant d'activer les sous-titres, en se présentant à un nouveau collègue, en demandant de répéter. Cette approche enlève beaucoup de pression : vous n'avez pas besoin de faire une grande annonce.
Vous pouvez commencer par une seule personne de confiance. La HLAA note, d'après l'expérience de son auteur, qu'un seul allié peut suffire à changer les choses [1].
Montrer d'abord ses compétences
La HLAA suggère de mettre d'abord en avant ses qualifications et ses points forts, puis d'aborder la perte auditive [1]. L'idée n'est pas de cacher quoi que ce soit, mais de rappeler que votre audition n'est qu'un aspect de votre façon de travailler, et que vous savez ce dont vous avez besoin pour être efficace.
Des phrases simples, prêtes à l'emploi
La HLAA recommande d'avoir en tête quelques phrases simples sur sa perte auditive et ses besoins [1]. Par exemple :
- « J'entends moins bien dans le bruit. En réunion, je préfère être assis en face de la personne qui anime. »
- « Si je vous fais répéter, ce n'est pas un manque d'attention : c'est mon audition. »
- « Pour les décisions importantes, un petit récapitulatif par écrit m'aide beaucoup. »
- « En visio, pouvez-vous activer les sous-titres ? »
Courtes, positives et concrètes, ces phrases orientent tout de suite la conversation vers les solutions.
Ce que l'on peut demander concrètement
Les demandes les plus utiles sont souvent les plus simples :
- des sous-titres en visioconférence : selon Microsoft, Teams permet d'activer des sous-titres en direct pendant une réunion [3] ;
- un récapitulatif écrit des décisions et des dates : l'ASHA conseille de demander que les informations importantes soient écrites [2] ;
- un plan de réunion à l'avance quand le sujet est nouveau [2] ;
- des pauses dans les longues réunions : l'ASHA rappelle que l'effort d'écoute fatigue [4] ;
- une place adaptée en réunion, face aux intervenants, loin du bruit.
Microsoft indique aussi que les sous-titres sont plus précis quand les participants parlent clairement, lentement, près du micro, sans bruit de fond et sans se couper la parole [3] : de bonnes règles pour toute l'équipe.
Avec un manager, un collègue ou un client : adapter le message
On ne dit pas forcément la même chose à tout le monde. Avec un responsable, il peut être utile de présenter la situation comme un sujet d'organisation : ce qui vous aide à être efficace en réunion, au téléphone ou en visio. Avec un collègue proche, une phrase plus spontanée suffit souvent : « Si je te fais répéter, n'hésite pas à reformuler. » Avec un client ou un interlocuteur extérieur, une demande ponctuelle est généralement suffisante : « Pouvez-vous me confirmer ces chiffres par courriel ? »
Dans tous les cas, gardez le même fil conducteur : une information courte, suivie d'une demande précise. C'est cette demande, plus que l'aveu lui-même, qui change le quotidien.
Le contexte israélien
En Israël, le monde du travail est souvent direct et rapide : réunions animées, interruptions fréquentes, échanges en hébreu, parfois en anglais. Pour un francophone qui entend moins bien, la combinaison de la langue, de la vitesse et du bruit peut être difficile. Dire tôt ce qui vous aide évite souvent d'être perçu comme distant ou en retrait. La culture directe a aussi un avantage : une demande claire est généralement bien reçue.
Quand vous ne souhaitez pas en parler
Vous pouvez aussi choisir de ne pas en parler, ou pas tout de suite. Dans ce cas, vous pouvez quand même mettre en place des stratégies discrètes : arriver tôt pour choisir votre place, demander des comptes rendus écrits « pour tout le monde », activer vous-même les sous-titres en visio. Et si la gêne augmente, prenez soin de votre audition : le NIA conseille d'en parler à son médecin en cas de difficulté [5].
Nous écrire en français
Votre audition vous gêne au travail ? Écrivez-nous au 053-8290290 (WhatsApp ou téléphone), en français. Nous pouvons vous aider à faire le point sur les étapes possibles, à votre rythme.
Ce qu'il faut retenir
- En parler au travail est un choix personnel, qui se fait souvent par petites touches.
- Préparez quelques phrases simples, positives et concrètes.
- Demandez ce qui vous aide : sous-titres, récapitulatifs écrits, place adaptée, pauses.
- Un seul allié de confiance peut déjà changer beaucoup de choses.
Questions fréquentes
Suis-je obligé de dire que j'entends mal au travail ?
Cet article ne traite pas des aspects juridiques. Sur le plan humain, c'est un choix personnel : beaucoup de personnes le font progressivement, en commençant par une personne de confiance.
Comment l'annoncer à ses collègues ?
Avec quelques phrases simples et concrètes, centrées sur ce qui vous aide : « Je préfère être en face de vous en réunion » ou « Un récapitulatif écrit m'aide beaucoup ».
Que peut-on demander concrètement ?
Des sous-titres en visioconférence, des récapitulatifs écrits, un plan de réunion à l'avance, des pauses et une place adaptée, face aux intervenants et loin du bruit.
Et si je ne veux pas en parler ?
C'est votre choix. Vous pouvez adopter des stratégies discrètes, comme choisir votre place ou activer vous-même les sous-titres, et prendre soin de votre audition.
Sources
- HLAA, « Professional Strategies to Disclose Hearing Loss in the Workplace », https://www.hearingloss.org/strategies-to-disclose-hearing-loss-in-the-workplace/ — consulté le 20/10/2026
- ASHA, « Tips for Improving Conversation in Noisy Environments », https://www.asha.org/siteassets/ais/ais-tips-for-improving-conversation-in-noisy-environments.pdf — consulté le 20/10/2026
- Microsoft, « Use live captions in Microsoft Teams meetings », https://support.microsoft.com/en-us/office/use-live-captions-in-microsoft-teams-meetings-4be2d304-f675-4b57-8347-cbd000a21260 — consulté le 20/10/2026
- ASHA, « Tips for Communicating With Someone Who Has Hearing Loss », https://www.asha.org/about/press-room/articles/tips-for-communicating-with-someone-who-has-hearing-loss/ — consulté le 20/10/2026
- NIA, « Hearing Loss: A Common Problem for Older Adults », https://www.nia.nih.gov/health/hearing-and-hearing-loss/hearing-loss-common-problem-older-adults — consulté le 20/10/2026
Information générale ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de l'audition.