Vie quotidienne
Oser dire « je n'entends pas bien » : des phrases simples qui aident
Dire simplement « j'entends moins bien, pouvez-vous me parler en face ? » change souvent toute une conversation. L'ASHA conseille d'ailleurs aux personnes qui entendent mal d'informer leurs interlocuteurs de leur perte auditive, de ne pas faire semblant d'avoir compris et de demander précisément ce qu'elles ont manqué [1]. Ce n'est ni un aveu de faiblesse ni une gêne imposée aux autres : c'est donner à votre interlocuteur le moyen de se faire comprendre. Voici pourquoi c'est si difficile, et des phrases toutes prêtes pour les situations du quotidien.
Pourquoi on n'ose pas
Beaucoup de personnes qui entendent moins bien passent des mois, parfois des années, à faire semblant. On hoche la tête, on sourit, on répond un peu à côté. Les raisons sont connues :
- la peur d'agacer en faisant répéter une fois de plus ;
- l'impression de vieillir, ou d'être perçu comme diminué ;
- le fait de ne pas en être sûr soi-même : selon le NIDCD, chez beaucoup de personnes, la baisse d'audition liée à l'âge s'installe progressivement, au point qu'on peut ne pas s'en rendre compte [2] ;
- la fatigue : suivre une conversation demande un effort, et l'ASHA rappelle que cet effort d'écoute peut épuiser [3].
Le problème, c'est que faire semblant coûte cher. Le NIDCD note qu'une perte auditive peut rendre difficile le plaisir de parler avec sa famille et ses amis, et entraîner un sentiment d'isolement [2].
Pourquoi « Hein ? » ne suffit pas
Le réflexe le plus courant, « Hein ? » ou « Quoi ? », a un défaut : il ne dit pas à l'autre ce que vous avez manqué. L'ASHA le souligne : ces réponses ne permettent pas à l'interlocuteur de savoir quelle partie n'a pas été comprise [1]. Résultat, il répète souvent toute sa phrase, plus fort, alors que le problème était un seul mot.
Mieux vaut répéter ce que vous avez compris et demander seulement la partie manquante [1] :
- « Vous partez jeudi, c'est ça ? À quelle heure ? »
- « Le rendez-vous est chez qui, vous avez dit ? »
- « J'ai compris le début, pas la fin. »
Des phrases prêtes à l'emploi
Pour l'annoncer simplement :
- « J'entends moins bien, surtout quand il y a du bruit. »
- « Je porte des appareils, mais dans cette salle j'ai du mal. »
- « Si je ne réponds pas, ce n'est pas de l'impolitesse : je ne vous ai peut-être pas entendu. »
Pour demander ce qui aide :
L'ASHA suggère de demander à son interlocuteur de parler plus lentement, de reformuler, d'utiliser des phrases courtes et de vous regarder [1]. Concrètement :
- « Pouvez-vous me regarder quand vous parlez ? J'ai besoin de voir votre visage. »
- « Pas besoin de crier, parlez juste un peu plus lentement. » L'ASHA rappelle en effet que crier peut rendre la compréhension plus difficile [1].
- « Vous pouvez le dire autrement ? »
Pour les informations importantes :
L'ASHA conseille de demander que les informations clés, comme une adresse, un numéro ou une heure de rendez-vous, soient écrites [1] :
- « Vous pouvez me l'écrire ? Je préfère être sûr. »
- « Envoyez-le-moi par message, s'il vous plaît. »
Au quotidien en Israël
Pour les Francophones installés en Israël, la difficulté se double souvent d'un enjeu de langue. Dans une conversation en hébreu, on ne sait plus si l'on n'a pas compris un mot parce qu'on l'entend mal ou parce qu'on ne le connaît pas. Dans les deux cas, la solution est la même : le dire, et demander une reformulation ou un écrit.
Quelques situations typiques :
- à la pharmacie ou au secrétariat médical : demandez que la posologie ou l'heure du rendez-vous soit notée ;
- au téléphone avec une administration : demandez une confirmation par écrit ;
- aux repas de famille, quand les conversations se croisent en français, en hébreu et parfois en anglais : choisissez votre place, face aux personnes avec qui vous voulez parler.
Choisir ses conditions
Signaler qu'on entend moins bien, c'est aussi agir sur l'environnement. L'ASHA propose plusieurs pistes [1] :
- s'éloigner du bruit ou demander d'éteindre la radio ou la télévision ;
- s'asseoir dos à la fenêtre, pour que la lumière éclaire le visage de l'autre ;
- au restaurant, choisir une table loin de la cuisine et du bar, ou y aller aux heures plus calmes ;
- dans une réunion, demander à l'avance un plan écrit si le sujet n'est pas familier, et prévoir de courtes pauses.
L'ASHA rappelle aussi que lire sur les lèvres et observer les expressions améliore la compréhension, même si tous les sons de la parole ne sont pas visibles sur les lèvres [1].
Et si on vous répond mal ?
La plupart des gens s'adaptent volontiers quand on leur explique simplement. Si quelqu'un s'agace, une phrase calme suffit souvent : « Je fais de mon mieux, et ça m'aide vraiment quand vous me regardez. » Avec les proches, en parler à un moment tranquille, et pas au milieu d'un dîner, permet de poser les règles une fois pour toutes.
Si vous constatez que vous faites répéter de plus en plus souvent, c'est aussi le bon moment pour faire le point sur votre audition, ou sur le réglage de vos appareils si vous en portez.
Nous écrire en français
Nous échangeons avec vous en français, à votre rythme. Écrivez-nous au 053-8290290 (WhatsApp ou téléphone) ; si le téléphone est difficile pour vous, un message écrit convient parfaitement. Selon le type d'appareil, sa marque, son logiciel et son état technique, il est possible d'étudier avec vous les possibilités d'assistance, après une évaluation préalable, sans garantie pour chaque marque ou chaque modèle. Si vous êtes de passage en Israël, vous pouvez nous contacter pour une première vérification des possibilités d'assistance pendant votre séjour.
Ce qu'il faut retenir
- Dire qu'on entend moins bien aide l'autre à se faire comprendre.
- Plutôt que « Hein ? », répétez ce que vous avez compris et demandez le reste.
- Demandez qu'on vous regarde, qu'on parle plus lentement, sans crier.
- Pour une adresse, un numéro ou un horaire : demandez un écrit.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment dire aux autres qu'on entend mal ?
L'ASHA le conseille : informer ses interlocuteurs leur permet d'adapter leur façon de parler. Faire semblant d'avoir compris crée souvent plus de malentendus que de dire simplement qu'on entend moins bien.
Que dire au lieu de « Hein ? » ?
Répétez ce que vous avez compris et demandez seulement la partie manquante, par exemple en reprenant le jour annoncé avant de demander l'heure. L'ASHA souligne que « Hein ? » ne dit pas à l'autre ce que vous avez manqué.
Est-ce que ça aide si les gens parlent plus fort ?
Pas forcément. L'ASHA rappelle que crier peut rendre la compréhension plus difficile. Il vaut mieux demander de parler plus lentement, en vous regardant.
Comment éviter les erreurs pour un rendez-vous ou une adresse ?
Demandez que l'information soit écrite ou envoyée par message, comme le conseille l'ASHA pour les adresses, les numéros et les heures de rendez-vous. Répétez ensuite ce que vous avez noté pour vérifier.
Sources
- ASHA, « Tips for Improving Conversation in Noisy Environments », https://www.asha.org/siteassets/ais/ais-tips-for-improving-conversation-in-noisy-environments.pdf — consulté le 20/10/2026
- NIDCD, « Age-Related Hearing Loss (Presbycusis) », https://www.nidcd.nih.gov/health/age-related-hearing-loss — consulté le 20/10/2026
- ASHA, « Tips for Communicating With Someone Who Has Hearing Loss », https://www.asha.org/about/press-room/articles/tips-for-communicating-with-someone-who-has-hearing-loss/ — consulté le 20/10/2026
Information générale ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de l'audition.