Comprendre l’audition · Tests
Questionnaire d’audition : dix questions pour savoir s’il faut faire contrôler son audition
En bref
Un questionnaire d’audition ne mesure pas votre audition : il fait le point sur la gêne au quotidien. Celui du NIDCD américain compte dix questions simples ; à partir de trois « oui », un bilan auditif peut être envisagé. Notre test en ligne en reprend une adaptation française, avant des sons pour chaque oreille et des chiffres dans le bruit.
À quoi sert un questionnaire d’audition ?
Une baisse d’audition s’installe souvent lentement. On fait répéter un peu plus, on monte le son de la télévision, on évite certains dîners bruyants, sans forcément faire le lien avec l’audition. Un questionnaire aide à poser des mots sur ces petites gênes, et à décider s’il est temps de faire contrôler son audition.
Il ne mesure rien : il ne dit pas quel son vous entendez, ni à quel volume. Il recueille ce que vous vivez. C’est justement son intérêt, car le but d’un bilan n’est pas seulement de tracer une courbe, mais de comprendre ce qui vous gêne au quotidien.
Le questionnaire le plus repris en ligne est celui du NIDCD, l’institut américain consacré à la surdité et aux troubles de la communication. Il est adapté d’un questionnaire publié en 1990 par Newman et ses collègues, le Hearing Handicap Inventory for Adults.
Quelles sont les dix questions ?
Voici une adaptation en français des dix questions du NIDCD. On répond par oui ou par non :
- Vous sentez-vous parfois gêné(e) en rencontrant de nouvelles personnes, parce que vous avez du mal à entendre ?
- Vous sentez-vous frustré(e) en parlant avec votre famille, parce que vous l’entendez mal ?
- Avez-vous du mal à entendre ou à comprendre vos collègues, vos clients ou vos interlocuteurs ?
- Vous sentez-vous limité(e) par un problème d’audition ?
- Avez-vous du mal à entendre quand vous rendez visite à des amis, à de la famille ou à des voisins ?
- Avez-vous du mal à entendre au cinéma ou au théâtre ?
- Un problème d’audition provoque-t-il des disputes avec votre famille ?
- Avez-vous du mal à entendre la télévision ou la radio à un volume qui convient aux autres ?
- Avez-vous le sentiment qu’une difficulté d’audition limite votre vie personnelle ou sociale ?
- Avez-vous du mal à entendre votre famille ou vos amis quand vous êtes ensemble au restaurant ?
Vous remarquerez qu’aucune question ne parle de sons ou de fréquences. Toutes parlent de situations : la famille, le travail, les sorties, la télévision.
Comment interpréter le nombre de « oui » ?
La règle du NIDCD est simple : si vous avez répondu « oui » à trois questions ou plus, vous pouvez envisager un bilan auditif auprès d’un ORL ou d’un professionnel de l’audition.
Ce seuil n’est pas un verdict. Deux « oui » sur des situations qui comptent beaucoup pour vous (le travail, les conversations en famille) peuvent suffire à justifier un contrôle. À l’inverse, plusieurs « oui » ne veulent pas dire qu’il y a forcément une perte auditive : d’autres causes, comme la fatigue ou un environnement très bruyant, peuvent jouer. Seul un bilan permet de faire la différence.
Pourquoi un questionnaire ne suffit-il pas ?
Parce qu’il dépend de la façon dont chacun vit sa gêne. Une étude de 1983 (Weinstein et Ventry) a observé une grande variabilité d’une personne à l’autre dans la réponse émotionnelle et sociale à une baisse d’audition, surtout quand la perte est légère. L’audition peut aussi évoluer progressivement, parfois sans signe évident, et ce sont parfois les proches qui remarquent les difficultés en premier.
C’est pourquoi notre test auditif en ligne ne s’arrête pas au questionnaire. Il ajoute des sons pour chaque oreille, puis des chiffres dans le bruit. Ces deux étapes restent indicatives et non calibrées, mais elles donnent un autre angle que le seul ressenti. Pour comprendre l’étape des chiffres, lisez Le test des chiffres dans le bruit.
Le questionnaire convient-il après 65 ans ?
Le NIDCD présente ce questionnaire pour les personnes de 18 à 64 ans. Notre test l’indique honnêtement. Après 65 ans, les questions restent utiles pour faire le point, même si certaines (le travail, par exemple) concernent moins de monde. D’autres questionnaires ont été conçus pour les personnes plus âgées, comme le HHIE (Hearing Handicap Inventory for the Elderly, Ventry et Weinstein, 1982).
Avec l’âge, une baisse progressive de l’audition est fréquente. Notre article sur la presbyacousie explique ce phénomène et ses premiers signes.
Comment répondre le plus justement possible ?
- Pensez aux dernières semaines, pas à une soirée exceptionnelle.
- Pensez à des situations précises : le dernier repas de famille, la dernière réunion, le dernier film.
- Répondez pour vous, sans vos appareils si vous n’en portez pas encore.
- Demandez l’avis d’un proche : comparez ses réponses aux vôtres. Un écart est en soi une information utile.
Notre carnet d’observation peut vous aider à noter ces situations pendant une semaine, avant un rendez-vous.
Et après le questionnaire ?
Si le résultat ou votre ressenti vous invitent à aller plus loin, la suite logique est un bilan auditif. Il se fait avec du matériel calibré et permet d’établir un audiogramme. Pour savoir à qui vous adresser, lisez Qui consulter pour son audition.
Entendre propose un bilan auditif à domicile, en français, sur rendez-vous : des spécialistes de l’audition viennent chez vous. Vous pouvez aussi commencer par le test en ligne complet, puis décider.
Une baisse soudaine de l’audition, une douleur ou un écoulement de l’oreille : consultez un médecin le jour même, sans passer par un questionnaire ni un test en ligne.
Ce qu’il faut retenir
- Un questionnaire mesure la gêne vécue, pas l’audition elle-même.
- Selon le NIDCD, trois « oui » ou plus invitent à envisager un bilan auditif.
- Moins de trois « oui » n’excluent pas une vraie gêne.
- Le bilan auditif, avec du matériel calibré, reste l’étape qui donne une réponse.
Questions fréquentes
Le questionnaire du NIDCD est-il un test médical ?
Non. C’est une liste de questions sur la gêne au quotidien, publiée par un institut public de santé américain. Il aide à décider s’il faut faire contrôler son audition, sans rien mesurer.
Combien de « oui » faut-il pour consulter ?
Selon le NIDCD, à partir de trois « oui », un bilan auditif auprès d’un ORL ou d’un professionnel de l’audition peut être envisagé. Avec moins de trois « oui », une gêne réelle mérite quand même d’être vérifiée.
Puis-je répondre au questionnaire pour un parent ?
Vous pouvez l’aider, mais les questions portent sur son vécu. Le mieux est qu’il réponde lui-même, puis que vous compariez avec ce que vous observez au quotidien.
Le questionnaire fait-il partie du test auditif en ligne d’Entendre ?
Oui. C’est la première des trois étapes, avant des sons pour chaque oreille et des chiffres dans le bruit. Les réponses restent dans votre navigateur et ne sont ni enregistrées ni envoyées.
Pourquoi le questionnaire mentionne-t-il 18 à 64 ans ?
Le NIDCD le présente pour les 18 à 64 ans. Après 65 ans, il reste utile pour faire le point, mais un bilan auditif donne une réponse plus précise.
Sources
- NIDCD — « Do You Need A Hearing Test? » (mars 2016 ; adapté de Newman et al., 1990, HHIA) · consulté le 03.11.2026
- NIDCD — Hearing Aids · consulté le 22.10.2026
- Ventry et Weinstein, « The hearing handicap inventory for the elderly: a new tool », Ear and Hearing, 1982 (résumé PubMed) · consulté le 04.11.2026
- Weinstein et Ventry, « Audiometric correlates of the Hearing Handicap Inventory for the elderly », Journal of Speech and Hearing Disorders, 1983 (résumé PubMed) · consulté le 04.11.2026
- NHS — Hearing loss · consulté le 04.11.2026
- Fondation pour l’Audition — Tester son audition avec Höra (questions fréquentes) · consulté le 04.11.2026
- Entendre — Test auditif en ligne (étapes et limites) · consulté le 04.11.2026
Information générale ; elle ne remplace ni un bilan auditif ni un avis médical. Les questions sont une adaptation en français du document du NIDCD ; Entendre n’est pas lié au NIDCD. Merci de ne pas envoyer d’informations médicales sensibles par message ; nous voyons les détails utiles par téléphone.