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Vie quotidienne

Organiser un événement communautaire plus accessible aux personnes malentendantes

La rédaction d'Entendre · mis à jour le

Pour rendre un événement plus accessible aux personnes qui entendent moins bien, quelques choix suffisent : une salle calme et éclairée [2], un orateur au micro face au public, des places réservées devant, un support écrit et, si possible, des sous-titres ou un système d'écoute [3][6]. Tout le public en profite.

Pourquoi y penser dès la préparation

Dans les communautés francophones d'Israël, les événements ne manquent pas : conférences, soirées culturelles, réunions d'associations, cours, fêtes de quartier, rencontres de nouveaux immigrants. Le public est souvent varié, avec de nombreuses personnes âgées. Or une part importante d'entre elles entend moins bien qu'avant, sans forcément le dire.

Une personne qui ne parvient pas à suivre une conférence ne revient souvent pas la fois suivante. Penser à l'accessibilité, c'est donc aussi garder son public.

Choisir la salle

Le lieu compte autant que le programme. L'ASHA, association américaine des professionnels de l'audition et de la parole, rappelle que les tapis, moquettes, rideaux et meubles rembourrés absorbent le son, et conseille d'éloigner les conversations des sources de bruit [2]. Pour choisir ou aménager une salle :

  • évitez les salles très réverbérantes, aux murs nus et au sol carrelé, quand vous avez le choix ;
  • éloignez l'événement de la cuisine, du bar ou de la rue ;
  • prévoyez un bon éclairage sur l'orateur, pour que son visage soit bien visible ; l'ASHA souligne l'intérêt d'une lumière suffisante [2] ;
  • éteignez la musique de fond pendant les prises de parole.

Le micro et les orateurs

Un micro bien utilisé change tout. Donnez quelques consignes simples aux intervenants, inspirées des conseils de l'ASHA [1] :

  • parler face au public, sans tourner le dos pour regarder l'écran ;
  • ne pas se cacher la bouche avec la main, les notes ou le micro ;
  • parler clairement, sans crier, à un rythme posé ;
  • utiliser le micro même si l'on « parle fort » : la voix sans micro ne porte pas au fond de la salle ;
  • faire répéter les questions du public au micro, pour que toute la salle les entende.

Pendant les échanges, une seule personne à la fois. Les débats où chacun parle en même temps sont les plus difficiles à suivre.

Placer le public

Réservez quelques places au premier rang, bien en face de l'orateur, pour les personnes qui entendent moins bien. Annoncez-le dans l'invitation et à l'accueil, discrètement. L'ASHA conseille d'être face à la personne qui parle, avec la lumière sur son visage [2] : ces places doivent offrir une vue dégagée sur l'orateur, pas sur un pilier ou un écran.

Pour un dîner ou une soirée, la NIDCD, institut américain spécialisé dans l'audition, conseille de ne pas placer les personnes près de la cuisine ou de l'orchestre [7]. Pensez-y au moment de faire le plan de table.

Les systèmes d'écoute

Certaines salles disposent d'équipements qui transmettent directement le son du micro. La NIDCD décrit plusieurs types de systèmes d'aide à l'écoute : les boucles magnétiques, qui utilisent l'énergie électromagnétique ; les systèmes FM, qui utilisent des signaux radio ; et les systèmes infrarouges [3].

Une technologie plus récente, Auracast, se développe. Selon le Bluetooth SIG, elle permet de diffuser un son vers un nombre illimité d'appareils, sans appairage, et pourrait devenir la prochaine génération de technologies d'aide à l'écoute [4]. Oticon souligne toutefois qu'elle est encore en cours de déploiement, que sa disponibilité varie, et que seuls les appareils compatibles avec Bluetooth LE Audio peuvent la recevoir [5].

Si la salle dispose d'un tel système, indiquez-le clairement dans l'invitation et à l'entrée, avec la façon de s'y connecter.

Les sous-titres et l'écrit

L'écrit est un allié précieux. L'ASHA recommande d'activer le sous-titrage quand c'est possible [1], et de fournir un plan écrit à l'avance quand le sujet est peu familier [2]. Concrètement :

  • projetez les points clés de la conférence sur un écran ;
  • distribuez un programme écrit avec les noms des intervenants et les dates importantes ;
  • pour un événement en ligne ou hybride, activez les sous-titres : selon Microsoft, Teams permet d'afficher des sous-titres en direct, plus précis quand les intervenants parlent clairement, près du micro, sans bruit de fond et sans se couper la parole [6] ;
  • publiez un résumé après l'événement.

Prévoir des pauses

L'ASHA rappelle que l'effort d'écoute fatigue et recommande de prévoir des pauses [1]. Pour une conférence longue, des pauses régulières, dans un espace calme, aident tout le monde à rester attentif.

L'accueil et les bénévoles

L'accueil est souvent le premier contact, et il se fait dans le bruit : arrivée du public, inscriptions, conversations. Quelques consignes simples pour les bénévoles :

  • parler face à la personne, sans masque ni main devant la bouche [1] ;
  • montrer par écrit le programme, le numéro de salle ou l'emplacement des places réservées ;
  • orienter discrètement les personnes qui entendent moins bien vers les premiers rangs ;
  • indiquer où se trouve un espace calme pour une pause.

Une petite fiche remise aux bénévoles avant l'événement suffit souvent. Elle les rend attentifs sans les transformer en spécialistes.

Pendant l'événement : observer et ajuster

Le jour même, gardez un œil sur la salle. Si des personnes au fond se penchent, mettent la main derrière l'oreille ou semblent décrocher, c'est souvent le signe que le son ne porte pas assez ou que l'orateur s'éloigne du micro. Un organisateur peut alors faire un signe discret à l'orateur, ou rapprocher les personnes concernées.

Après l'événement, demandez simplement à quelques participants s'ils ont pu bien suivre. Leurs réponses vous aideront à améliorer la prochaine édition.

Communiquer en amont

Dans l'invitation, une phrase suffit : « Places réservées à l'avant pour les personnes qui entendent moins bien ; signalez-vous à l'accueil. » Invitez aussi les participants à vous écrire à l'avance s'ils ont des besoins particuliers. Ce simple message montre que la question a été pensée, et encourage les personnes concernées à venir.

Nous écrire en français

Vous organisez un événement pour une communauté francophone et vous souhaitez sensibiliser votre public à l'audition ? Écrivez-nous au 053-8290290 (WhatsApp ou téléphone), en français.

Ce qu'il faut retenir

  • Une salle calme, éclairée, et un orateur qui parle au micro face au public.
  • Des places réservées à l'avant, annoncées dans l'invitation.
  • Un support écrit et, si possible, des sous-titres ou un système d'écoute.
  • Des pauses régulières : l'effort d'écoute fatigue.

Questions fréquentes

Comment rendre une conférence accessible aux malentendants ?

Choisissez une salle calme et éclairée, demandez aux orateurs de parler au micro face au public, réservez des places à l'avant et proposez un support écrit ou des sous-titres.

Faut-il un équipement spécial ?

Ce n'est pas indispensable, mais un système d'écoute comme une boucle magnétique, un système FM ou infrarouge, ou une diffusion Auracast, peut aider les personnes dont les appareils sont compatibles.

Pourquoi faire répéter les questions du public au micro ?

Parce qu'une question posée sans micro n'est souvent pas entendue au fond de la salle. La répéter au micro permet à tout le monde de suivre l'échange.

Comment le signaler dans l'invitation ?

Une phrase suffit : indiquez que des places sont réservées à l'avant pour les personnes qui entendent moins bien et invitez-les à se signaler à l'accueil.

Sources

  1. ASHA, « Tips for Communicating With Someone Who Has Hearing Loss », https://www.asha.org/about/press-room/articles/tips-for-communicating-with-someone-who-has-hearing-loss/ — consulté le 20/10/2026
  2. ASHA, « Tips for Improving Conversation in Noisy Environments », https://www.asha.org/siteassets/ais/ais-tips-for-improving-conversation-in-noisy-environments.pdf — consulté le 20/10/2026
  3. NIDCD, « Assistive Devices for People with Hearing, Voice, Speech, or Language Disorders », https://www.nidcd.nih.gov/health/assistive-devices-people-hearing-voice-speech-or-language-disorders — consulté le 20/10/2026
  4. Bluetooth SIG, « Auracast broadcast audio », https://www.bluetooth.com/auracast/ — consulté le 20/10/2026
  5. Oticon, « How to listen to Auracast™ », https://www.oticon.com/support/life-with-a-hearing-aid/connecting-to-other-devices/how-to-listen-to-auracast-broadcasts-with-hearing-aids — consulté le 20/10/2026
  6. Microsoft, « Use live captions in Microsoft Teams meetings », https://support.microsoft.com/en-us/office/use-live-captions-in-microsoft-teams-meetings-4be2d304-f675-4b57-8347-cbd000a21260 — consulté le 20/10/2026
  7. NIDCD, « Age-Related Hearing Loss (Presbycusis) », https://www.nidcd.nih.gov/health/age-related-hearing-loss — consulté le 20/10/2026

Information générale ; elle ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de l'audition.

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